Un concurrent copie vos produits, reprend vos visuels, débauche vos équipes ou profite de votre notoriété sans rien avoir investi ? Beaucoup d'entreprises pensent, à tort, qu'elles sont démunies faute de brevet ou de marque déposée. Le droit commun offre pourtant une arme efficace : l'action en concurrence déloyale et en parasitisme, fondée sur la responsabilité civile de l'article 1240 du Code civil.

1. Contrefaçon, concurrence déloyale, parasitisme : trois terrains distincts

La contrefaçon sanctionne l'atteinte à un droit privatif : marque, brevet, dessin et modèle, droit d'auteur. Elle suppose un titre ou une œuvre protégée. La concurrence déloyale, elle, ne requiert aucun titre : elle sanctionne un comportement contraire à la loyauté des affaires, cause d'un préjudice. Le parasitisme en est une variante : il consiste à se placer dans le sillage d'un autre opérateur pour profiter, sans bourse délier, de ses efforts, de ses investissements ou de sa notoriété. Ces actions peuvent d'ailleurs se cumuler avec la contrefaçon lorsqu'elles reposent sur des faits distincts.

2. Les comportements sanctionnés

La jurisprudence regroupe les actes de concurrence déloyale en grandes familles :

3. La preuve : constats et faisceau d'indices

La concurrence déloyale se prouve par tous moyens. En pratique, le dossier se construit autour de constats de commissaire de justice (sur internet, en magasin, sur salon), de captures horodatées, de comparatifs de produits et de pièces établissant l'antériorité de vos créations et le montant de vos investissements. Les juges raisonnent par faisceau d'indices : aucun élément n'est décisif à lui seul, c'est leur accumulation qui emporte la conviction. Le tribunal judiciaire de Marseille a ainsi statué, dans un jugement du 27 mars 2025 rendu en matière de contrefaçon et de parasitisme entre deux sociétés, en appréciant globalement les ressemblances et les investissements captés.

En pratique : documentez vos créations au fil de l'eau (dépôts, enveloppes Soleau, factures de développement, budgets marketing). Le jour où un concurrent s'approprie votre travail, ces pièces feront la différence entre une simple protestation et une action solide.

4. Ce que le juge peut ordonner

L'action aboutit d'abord à des dommages-intérêts réparant le préjudice subi : perte de clientèle, banalisation des produits, économie injustement réalisée par le parasite. Le juge peut également ordonner la cessation des agissements sous astreinte (retrait des produits, modification d'un site, changement de dénomination), ainsi que la publication de la décision, dans la presse ou sur le site du fautif, mesure souvent redoutée. En cas d'urgence, le référé permet d'obtenir rapidement des mesures conservatoires.

5. Agir vite, mais agir bien

Une mise en demeure circonstanciée suffit parfois à faire cesser les agissements. À défaut, l'action judiciaire doit être préparée avec soin : un dossier de preuve mal construit expose au rejet, voire à une demande reconventionnelle pour procédure abusive. L'analyse préalable par un avocat des faits, des pièces et du fondement le plus adapté est déterminante.

Un concurrent s'approprie votre travail ?

Le cabinet ACTAH & Associés accompagne les entreprises de Béziers, d'Agde et de tout l'Hérault dans la protection de leurs actifs : constitution du dossier de preuve, mise en demeure et action judiciaire.

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Cet article a une vocation informative et ne constitue pas une consultation juridique. Chaque situation étant particulière, consultez un avocat pour une analyse adaptée à votre dossier.